Stratégie bas carbone & contribution : tout savoir pour se lancer
Comment mettre en place une stratégie bas carbone vraiment impactante dans votre entreprise ? Quels sont les différentes étapes et méthodes qui garantissent l’efficacité de vos leviers de réduction d’émissions et de contribution carbone ? Ces questions reviennent souvent lors de nos discussions avec des dirigeants désireux de donner à leur entreprise une orientation authentiquement environnementale. Nous avons tenté d'y répondre lors de notre webinar “Stratégie bas carbone & contribution : tout savoir pour se lancer”. Et pour cela nous nous sommes entourés d'experts en la matière : ⚈ Thibault Ben Khelil, directeur des stratégies bas-carbone chez GreenFlex ⚈ Caroline Frery, directrice des partenariats de compensation chez AGOTERRA ⚈ Camille POUTRIN, cheffe de projet agro, carbone et écosystème chez GreenFlex. Et évidemment puisque le but est d'être concret, chaque intervention sera ponctuée d’un témoignage de Carine Legoux Macrez, directrice RSE du Groupe Bertrand (Au Bureau, Léon de Bruxelles, Hippopotamus…)
Neutralité carbone : nom fém. La science définit la neutralité carbone comme un équilibre entre les émissions de CO2 (liées à l’activité humaine) et les absorptions de CO2 (liées à l’activité humaine). Retirer chaque année autant de CO2 que l’on en émet est la seule manière d’arrêter l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère et donc de stabiliser ultérieurement les températures.
En 2015 (accord de Paris), la communauté internationale s’est fixée comme objectif de ne pas dépasser les 2°C, voire 1,5°C, de réchauffement climatique global d’ici la fin du siècle. Pour respecter ces objectifs, il est essentiel de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre et d’augmenter les absorptions.
Pour se faire, il y a 3 étapes pour contribuer à la neutralité carbone, qui sont indissociables :
1. Réduire ses propres émissions de GES
Réduction de la consommation d’énergie (sobriété et efficience énergétique)
Optimisation des déplacements et de la logistique
Achat de produits moins émetteurs lors de leur fabrication et leur acheminement
Substitution des énergies fossiles par des énergies renouvelables et de récupération
Gestion des déchets dans une logique d’économie circulaire (réduction, réemploi, réutilisation, recyclage, valorisation)
2. Réduire les émissions de GES des parties prenantes
Financement de projets de réduction d’émissions de GES (sobriété, efficacité, optimisation, substitution, économie circulaire)
Mise sur le marché de produits permettant aux usages, consommateurs ou clients de réduire leurs émissions
Captation de ses propres émissions de GES (méthane, émissions de fermentation de l’agro-alimentaire et des stations d’épuration, captage d’émissions de bioénergie, émissions industrielles via CCUS)
Séquestration in situ : afforestation, reforestation, agroforesterie (cultures annuelles et pérennes, couverts végétaux, incorporation de matière organique), développement de phytoplanctons dans les bassins
Séquestration ex situ : financement ou prise de participation directe dans des projets de séquestration, achat ou utilisation de biomatériaux ou de biomolécules
Les entreprises sont donc évaluées sur leurs engagements climatiques :
Évaluation des entreprises sur leurs engagements climatiques
10 principes pour une stratégie climat d’entreprise ambitieuse, par la net zero initiative :
Le net zéro désigne avant tout l’ambition planétaire d’équilibrage des émissions de GES et des puits de carbone
Pour une entreprise, avoir une stratégie net zéro signifie vouloir opérer les transformations nécessaires à l’atteinte de la neutralité carbone planétaire en 2050.
Pour structurer leur action climat, les entreprises doivent distinguer trois différents types d’action, qui ne sont pas fongibles : la réduction, l’évitement, la séquestration.
La réduction des émissions des entreprises doit être le sujet prioritaire de leur action climat.
Les entreprises doivent nécessairement mesurer et communiquer sur l’ensemble des émissions de leur chaîne de valeur.
Les objectifs de réduction des émissions doivent être cohérents avec la science du climat.
Au-delà des seuls engagements, il est urgent que les entreprises obtiennent des résultats concrets et rapides sur la réduction de leurs émissions.
Les entreprises doivent contribuer au maximum à la décarbonation de leur écosystème en générant des émissions évitées.
Les entreprises doivent développer au juste niveau les puits de carbone.
Si les entreprises souhaitent communiquer sur leur stratégie climat, elles doivent le faire de façon rigoureuse et irréprochable.
Les leviers et solutions pour une contribution carbone vraiment efficace
Tour d’horizon de la contribution à la neutralité carbone
En chiffre :
1% des crédits carbone achetés en 2020 par des entreprises françaises ont soutenu des projets localisés en France
60 % des crédits carbone vendues soutiennent des projets forestiers (reforestation / conservation des forêts)
moins de 1% des crédits carbone vendue ont soutenu des projets dans l’agriculture durable et bas carbone
La contribution carbone : comment ça marche ?
La contribution carbone en agriculture : pourquoi ?
D’après le 6ème rapport du GIEC, les solutions nature based ont les plus gros potentiels d’atténuation du dérèglement climatique, notamment au travers de la contribution carbone.
Parmi les solutions natured based, on peut retenir le triple constat de l’agriculture :
C’est le 2ème poste d’émission
Après les transports (31%), l’agriculture est l’activité qui émet le plus d’émissions de gaz à effet de serre (19%).
C’est un puissant puits de carbone…
On estime à minimum 5,7 MtCO2e la quantité additionnelle potentielle de stockage CO2 par an en France, suite à l'utilisation de certaines pratiques agricoles (EX : cultures intermédiaires, rotation des cultures, prairie temporaires...).
… Aux multiples co-bénéfices
Amélioration de la qualité de l’eau et de l’air, protection de la biodiversité, augmentation de la résilience des cultures face au changement climatique…
De plus en plus, le greenwashing et les communications mensongères sont dénoncés :
Le greenwashing dénoncé
Alors, pour bien communiquer, il est important de savoir que :
L’entreprise ou le produit A UN IMPACT (absence de neutralité), l’acte de consommation n’est pas neutre
Les approximations mathématiques ne sont pas transposables à l’identique dans le vivant
Aucune stratégie ne pourra jamais prendre en compte l’ensemble du périmètre de responsabilité d’une entreprise ou d’un produit
De plus, la loi “climat & résilience” inclut désormais l’interdiction de la mention “neutre en carbone” sauf dérogation :
L'amendement n°4981 « Est interdit, dans une publicité, le fait d'affirmer à tort qu'un produit ou un service est neutre en carbone, dépourvu de conséquences négatives sur le climat, ou toute autre formulation ayant une finalité et une signification similaires. »
Dérogation possible : les entreprises devront produire un bilan carbone précis du produit ou service concerné, ainsi qu’une trajectoire de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre et les modalités de compensation des émissions résiduelles. Ces informations devront être accessibles au public via un lien ou un QR code associé à la publicité ou l’emballage.
Pour conclure, retenez ses 4 conseils :
4 conseils pour une bonne communication sur la contribution à la neutralité carbone